Comment le surf est arrivé en France
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D’Hawaï à Biarritz, d’un tournage de cinéma en 1956 aux Jeux olympiques disputés à Tahiti : la petite histoire d’un sport qui a mis un siècle à traverser deux océans.
Avant tout, c’est hawaïen
Le surf n’a pas été inventé, il a été trouvé. Quand les navigateurs européens abordent les îles hawaïennes à la fin du XVIIIᵉ siècle, glisser sur les vagues debout sur une planche de bois y est une pratique ancienne, codifiée, et profondément liée à l’organisation sociale de l’île.
Le siècle qui suit manque de l’effacer. C’est au début du XXᵉ siècle qu’il renaît, largement grâce à Duke Kahanamoku — nageur hawaïen, champion olympique de natation dans les années 1910 et 1920, qui profite de ses déplacements pour faire des démonstrations de surf partout où il passe, notamment en Australie et en Californie. Le surf moderne part de là.
1956, Biarritz
En France, tout commence sur un tournage.
En 1956, l’équipe du film tiré du roman d’Hemingway Le soleil se lève aussi travaille dans le Sud-Ouest. Le scénariste américain Peter Viertel, habitué des vagues californiennes, fait venir une planche. Il la met à l’eau sur la Côte des Basques, à Biarritz.
Des Biarrots regardent, puis essaient. Quelques années plus tard apparaissent les premiers clubs, puis les premiers fabricants de planches français. Toute la culture surf française descend de cette poignée d’années.
La remontée vers le nord
Le Pays basque et les Landes ont longtemps concentré l’image du surf français, pour une raison simple : les fonds y sont creux et la houle d’Atlantique y arrive avec beaucoup d’énergie.
Mais la même houle remonte toute la côte. La Vendée, la Loire-Atlantique, la Bretagne et la Normandie ont leurs spots, leurs clubs et leurs écoles. Les vagues y sont souvent plus petites qu’au sud — et c’est précisément ce qui en fait de bonnes côtes pour apprendre. Un fond de sable plat et une houle modérée, c’est un terrain d’apprentissage, pas un terrain de seconde zone.
Le surf devient olympique
Le surf entre au programme olympique aux Jeux de Tokyo, disputés en 2021 après un report, sur une plage de la côte est du Japon. Une première pour un sport dont le terrain change à chaque vague, et dont personne ne peut garantir les conditions le jour J.
Trois ans plus tard, aux Jeux de Paris 2024, l’épreuve de surf n’a pas lieu en France métropolitaine mais à Teahupo’o, à Tahiti — l’une des vagues les plus puissantes du monde, à plus de quinze mille kilomètres du Stade de France. Des images qui ont fait le tour de la planète, et une des rares fois où un sport olympique s’est disputé aussi loin de la ville hôte.
Une culture avant d’être une compétition
Ce qu’il faut retenir de cette histoire, c’est que le surf a passé l’essentiel de son existence en dehors de toute compétition. Pas de terrain, pas de chronomètre, pas de score : une vague, quelqu’un dessus, et c’est fini en quelques secondes.
C’est aussi ce qui rend l’apprentissage particulier. Dans la plupart des sports, on progresse en répétant un geste dans des conditions constantes. En surf, les conditions ne sont jamais deux fois les mêmes — et une bonne partie de ce qu’on apprend n’est pas un geste, mais une lecture : où se placer, quelle vague prendre, quand commencer à ramer.
Ça ne s’apprend pas dans un livre. Ça s’apprend à l’eau, avec quelqu’un qui vous regarde depuis le bon angle.
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